BIOP, l'orientation réussie

PARENTS, CE QUE VOS ENFANTS ATTENDENT DE VOUS
POUR LEUR ORIENTATION :

 

Avoir d'abord conscience que l'orientation n'est pas seulement complexe pour vous, elle l'est également et surtout pour vos enfants

Devant l'anxiété des parents et des jeunes face au processus d'orientation, on peut être amené à se demander pourquoi l'orientation est devenue si complexe. Mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte que les évolutions de ces dernières années ne facilitent pas la démarche d'orientation : le nombre et la variété des formations et des options se sont accrus, la peur du chômage et la compétition scolaire se sont intensifiés, les procédures d'inscription et de sélection se sont complexifiées, les métiers se sont dématérialisés et sont donc moins identifiables, et en parallèle, les « adolescents d'aujourd'hui » mettent globalement plus de temps à se définir et à devenir autonomes que les générations précédentes (1).

Tous ces facteurs font que pour un grand nombre (2) de jeunes qui, comme ils l'expriment eux-mêmes, ne savent « pas encore quoi faire », il est difficile de se repérer dans la masse d'informations et de formations disponibles et d'arrêter des choix d'orientation clairs sans avoir le sentiment que, peut-être, ils se « trompent ». Il n'est pas facile non plus pour ces jeunes en construction de vivre sereinement les différents paliers d'orientation qui s'imposent à eux, avec leurs échéances précoces et rapprochées (fin de 3ème, fin de 2nde et terminale), la place souvent déterminante qu'il y est accordée aux critères scolaires et les risques qu'ils paraissent comporter parfois en terme d'irréversibilité (il est par exemple assez difficile de revenir vers le général après avoir suivi une voie profesionnelle).

Alors face à cette réalité, que pouvez-vous faire en tant que parents ?

Une attente commune chez vos enfants révèle le rôle majeur et subtil que vous pouvez jouer dans leur orientation :

En ce qui concerne leurs attentes en termes d'aide pour leur orientation, il apparaît dans les études réalisées par le BIOP que les jeunes attachent beaucoup d'importance à l'attitude et au soutien de leurs parents. Deux points ressortent nettement de leurs discours : les jeunes attendent de se sentir accompagnés par leurs parents sans pour autant se sentir influencés par eux dans leurs choix.

Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie qu'ils attendent que vous « soyez présents mais pas trop », révélant par là-même toute l'ambivalence psychologique à l'égard de la famille propre à cette période de la vie. L'adolescence se caractérise à la fois par le besoin incessant et parfois provocateur d'éprouver son indépendance et son autonomie vis-à-vis de ses parents et en même temps par le besoin paradoxal de se sentir continuellement sécurisé, aimé et rassuré par eux. Cette tension entre indépendance et dépendance chez la plupart des adolescents (souvent difficile à vivre et à comprendre pour les parents) se révèle d'autant plus fortement dans le domaine de l'orientation scolaire et professionnelle qu'ils considèrent leurs choix d'orientation (et donc leurs choix de vie) comme quelque chose de personnel et qu'en même temps ils éprouvent souvent beaucoup d'inquiétudes par rapport à cette question.

Concrètement, quelles sont les attentes de vos enfants ?

1/ « Se sentir accompagnés » par leurs parents signifie pour vos enfants à la fois quelque chose de concret et de psychologique. Ils apprécient que vous puissiez les aider concrètement dans leurs démarches (recherche d'informations,  dates importantes à intégrer, aide sur les dossiers de candidature, visites de salons,...), et qu'en même temps, vous puissiez les soutenir « moralement » dans les moments d'incertitudes et même de stress qu'ils sont susceptibles de traverser (choix des études post-bac en terminale, décision de réorientation,...) :

« Dans ces moments-là, où on ne sait pas [ce que l'on veut faire], on a besoin d'être aidé et c'est vrai que les parents c'est très important parce qu'il faut qu'ils nous soutiennent... psychologiquement, en fait. Pas pour nous couver, mais pour nous aider, parce que c'est difficile de passer dans le monde des adultes... [...] Ma mère, elle m'a beaucoup aidé par ses discussions mais aussi concrètement. C'est elle qui m'a poussé à aller dans un CIO, et puis après, c'est elle qui m'a trouvé le BIOP, donc les parents c'est très important » (Garçon, 18 ans, Terminale, interrogé en 2006).

« La famille, pour moi, ça a été hyper important. Surtout que j'étais loin d'eux en plus... donc ils ont été très présents, ils m'ont aidé à chercher, ils m'ont soutenu en essayant de banaliser les choses, ils m'on aidé dans mes démarches. Donc heureusement qu'ils étaient là ! » (Fille, 19 ans, inscrite en BTS après avoir « échoué » en école d'architecture, interrogée en 2006).

2/ « Ne pas se sentir influencés » signifie que vos enfants, bien qu'étant sensibles à votre soutien moral, attendent néanmoins de vous que vous sachiez rester le plus neutre possible par rapport à leur orientation. Ils apprécient en effet de pouvoir faire des choix personnels, et en ce sens, ils ont tendance à vivre les attentes parentales (qui ne sont pas forcément conscientes d'ailleurs) concernant leur devenir scolaire et professionnel comme une sorte d'atteinte à leur liberté de choisir :

« Pour moi les obstacles [à mon orientation], ça a surtout été les pressions qui se sont manifestées dans mon entourage... Par mes parents notamment... Même s'ils m'ont toujours ouvert toutes les portes, je me suis rendu compte qu'en fait, ils m'influençaient pour certaines choses... sans m'influencer vraiment, mais par leurs préjugés... C'est vrai que pour eux, dans l'idéal, ils auraient préféré que je fasse une école de commerce, et sans s'en rendre compte ils me le faisaient comprendre... à leur manière... » (Garçon, 21 ans, L2, interrogé en 2006)

« Les choix c'est surtout la liberté. Avoir le droit de choisir ce que l'on veut et faire ce que l'on veut... Et dans les études, il vaut mieux que ce ne soit pas imposé... parce que quand un choix est imposé, ça risque de ne rien donner de bon. Moi, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui me laissent libres par rapport à mes choix. Je n'ai pas des parents qui me disent ce qu'ils veulent ou qui m'influencent » (Fille, 20 ans, 1ère année d'infirmière, interrogée en 2008)

Pour conclure, comme le souligne le psychanalyste Claude Halmos (3), le rôle des parents dans l'orientation de leurs enfants est avant tout de les aider à trouver leur chemin, "en les assurant qu'ils ont le droit de changer, et que leur famille sera toujours là pour les aider, si la direction choisie ne leur convient plus et qu'ils décident d'en prendre une autre".

 


Notes:

(1)     L'ouvrage de Cécile Van de Velde « Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe » qui vient de paraître s'appuie notamment sur ce constat pour décrypter à travers quels critères les différentes jeunesses européennes définissent aujourd'hui leur passage à la vie adulte.
    (2)     Un sondage national réalisé en novembre 2008 par Harris Interactive et l'OFEM pour le BIOP révélait qu'à deux mois des choix d'études post-bac, seulement 40% des lycéens en terminale (toutes sections confondues) avaient une idée précise de leur orientation.
    (3)     Propos extraits dans le Monde de l'Education du 16 avril 2009.

 


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